Automobile : Hausse de 30% des Frais d'Enregistrement

11 years, 4 months ago - 26 November 2013, Le Mauricien
Automobile : Hausse de 30% des Frais d'Enregistrement
Un temps d'adaptation nécessaire

La hausse de 30% du Registration Duty appliquĂ©e sur tous les vĂ©hicules Ă  l’exception des motocyclettes de moins de 250cc, qui a pris effet le lendemain du budget provoque une certaine grogne dans le secteur. Pour cause, ce sont les revendeurs qui en font actuellement les frais, notant une accalmie totale des ventes ces derniers jours. Ralentissement qu’ils espĂšrent temporaire, le temps pour les acheteurs de s’adapter aux nouvelles dĂ©penses. Cependant, certains revendeurs de vĂ©hicules de seconde main craignent un retour au «papier blanc», principalement en ce qui concerne la vente de vĂ©hicules entre particuliers, que les autoritĂ©s avaient combattue il y a quelques annĂ©es.

S’il y a quelques semaines, avant le budget, l’industrie de l’automobile affichait bonne mine, depuis le 9 novembre, les revendeurs notent un ralentissement des ventes. Serait-ce que la population avait eu vent des mesures qui devaient ĂȘtre mises en avant dans le budget? Toujours est-il que depuis la hausse de 30% du Registration Duty appliquĂ©e sur tous les vĂ©hicules Ă  l’exception des motocyclettes de moins de 250cc, les commerçants notent une accalmie dans les ventes. Cela,  au niveau des voitures de seconde main, aussi bien que des voitures neuves.

Cette hausse des frais d’enregistrement intervient aprĂšs 6 ans, note la Motors Vehicles Dealers Association (MVDA), faisant ressortir que comme toute hausse, elle est difficile Ă  accepter au dĂ©part mais finira par ĂȘtre intĂ©grĂ©e par la population. En effet, si l’ancien systĂšme prĂ©conisait l’acquittement des frais d’enregistrement tenant compte du Ad valorem sur la valeur d’un vĂ©hicule Ă  l’achat, dĂ©sormais, c’est une somme fixe qui est appliquĂ©e dĂ©pendant de l’ñge du vĂ©hicule et de sa capacitĂ© cylindrique. Hausse qui s’applique Ă©galement sur les First Registrations. Ainsi, dĂ©sormais Ă  l’achat d’un vĂ©hciule neuf de 1001-1250cc, le propriĂ©taire dĂ©pense Rs 32 500 de plus contre Rs 25 000 anciennement. Un vĂ©hicule neuf de 2000cc coĂ»te Rs 117 000 de plus alors qu’avant le budget, les frais d’enregistrement s’élevaient Ă   Rs 90 000.

Pour les concessionnaires, cette mesure changera certainement la donne dans le secteur en cette pĂ©riode, certains Mauriciens prĂ©fĂ©rant rĂ©flĂ©chir Ă  deux fois avant d’investir de trop grosses sommes. Cependant, aprĂšs une pĂ©riode d’adaptation, cette mesure ne risque pas d’affecter le marchĂ© outre mesure, estime la MVDA. D’ailleurs, plusieurs concessionnaires sont d’avis que, par exemple, une hausse de Rs 15,000 sur une voiture neuve de Rs 800,000 ne reprĂ©sente pas une forte somme tenant compte que la plupart des acheteurs ont recours au «leasing» pour l’achat de leur vĂ©hicule et que sur cinq annĂ©es, ils n’ont pas une somme Ă©norme Ă  dĂ©penser en plus avec la nouvelle mesure.

Revendeurs de seconde main : surpris

Le son de cloche est diffĂ©rent auprĂšs des revendeurs de voitures de seconde main. Certains d’entre eux font ressortir que s’ils commercialisaient gĂ©nĂ©ralement une voiture par jour, soit six en une semaine, depuis l’annonce budgĂ©taire, en dĂ©pit de l’affluence dans les showrooms, ils n’ont vendu que deux voitures en une semaine. Pour ces commerçants, si actuellement ce sont les commerces qui en souffrent, notant un ralentissement des ventes, dans quelques jours, aprĂšs la pĂ©riode d’adaptation, ce sont les petits acheteurs qui souffriront le plus. Cela principalement en raison de la nouvelle grille des frais d’enregistrement qui tient compte de l’ñge du vĂ©hicule et du cylindrĂ©. En effet, avec la nouvelle mesure, le Mauricien dont les moyens ne lui permettent que l’achat d’un vĂ©hicule de plus de quinze ans devra s’acquitter, comme celui qui achĂšte un vĂ©hicule neuf, des frais de transfert d’environ Rs 13, 000. Idem pour celui qui achĂšte un vieux vĂ©hicule au coĂ»t de Rs 25, 000 qui dĂ©boursera additionnellement, en terme de frais d’enregistrement, la moitiĂ© de cette somme pour que son vĂ©hicule soit Ă  son nom. Ce qui fait dire Ă  certains revendeurs que la nouvelle mesure mise en place dans le budget, risque de favoriser le retour au «papier blanc»,  soit le fait que certains particuliers, pour Ă©viter de dĂ©bourser de fortes sommes d’argent, ne procĂ©deront pas au transfert de vĂ©hicules. Pratique qui avait quasiment disparu de la circulation, rappellent les acteurs du secteurs. Zaid Ameer, prĂ©sident de la Dealers of Imported Vehicules Association (DIVA), ne partage toutefois pas cet avis, estimant qu’aujourd’hui avec l’installation des camĂ©ras sur toutes les routes et les rĂšglements du permis Ă  points, la majoritĂ© des Mauriciens ne se risqueront pas de s’adonner aux ventes au «papier blanc».

Cela, principalement auprĂšs des particuliers qui revendent leurs vĂ©hicules. Si la pilule est difficile Ă  avaler, la DIVA s’interroge sur les motivations du ministre des Finances Xavier Duval qui avait longuement critiquĂ© cette dĂ©marche en 2003, sous le gouvernement MSM-MMM. Et de citer l’intervention de Xavier Duval en 2003 sur la question alors qu’il Ă©tait dans l’opposition, pour soutenir que «values of second-hand cars are far lower than values of new cars. In fact, it is a very discriminatory system of taxation.». Xavier Duval avait de mĂȘme mis l’accent sur le fait que «if you ignore the other changes and we’ll come to that later on - is that it will make it harder for the ti-dimounes, for la classe moyenne the import and register a car in Mauritius. In fact, Mr Speaker, this is increasing the divide between the rich and the poor in this country», rappelle Zaid Ameer. D’oĂč son Ă©tonnement d’une hausse dix annĂ©es plus tard sur les frais d’enregistrement. «Pourquoi a-t-il, dix ans aprĂšs, fait un virage Ă  180° alors qu’en 2003, lorsque Paul BĂ©renger introduisait le Package Measure, il avait dĂ©fendu bec et ongles la classe moyenne?», demandent les membres de la DIVA. «Le ministre des Finances veut favoriser qui aujourd’hui?», s’interroge Ziad Ameer, rappelant qu’avec la nouvelle mesure, «c’est Rs 1M minimum par jour qui renfloue la caisse de l’État.»

Si le marchĂ© de l’automobile Ă  ce stade de l’annĂ©e est partagĂ© Ă  50% entre celui du neuf et celui du second hand, il ressort que le gros du marchĂ© est occupĂ© par les vĂ©hicules de 1251-1600 cc qui doivent dĂ©sormais s’acquitter de quelques Rs 13000 additionnelles sur les frais d’enregistrement allant aujourd’hui jusqu’à Rs 65 000 pour une voiture neuve de 1600cc. Deux semaines aprĂšs l’entrĂ©e en vigueur de cette nouvelle mesure, les commerçants du secteur estiment qu’il est encore trop tĂŽt pour Ă©valuer la tendance du marchĂ© qui, Ă  ce jour, connaĂźt un ralentissement. Cependant, ce marchĂ© peut connaĂźtre un boost en fin d’annĂ©e malgrĂ© la hausse des frais d’enregistrement estiment les revendeurs.

Augmentation des prix sur le firearms & gaming licence fees :L’Association Sportive des Chasseurs rĂ©voltĂ©e

«La chasse est un sport et non un business.» C’est ce qu’a dĂ©clarĂ© GaĂ«tan Oudin, membre de l’Association Sportive des Chasseurs, lors d’un point de presse vendredi aprĂšs-midi au centre social de Marie Reine de la Paix Ă  Port-Louis.

RĂ©voltĂ©s, ils Ă©taient  une dizaine de chasseurs mauriciens Ă  contester l’augmentation des frais du Firearm & Gaming Licence. Le gouvernement a dĂ©cidĂ© qu’à partir de fin dĂ©cembre 2013, tous ceux qui possĂšdent un fusil devront payer Rs 3000 pour un Gaming licence et Rs 5000 pour une Firearm licence, alors que l’annĂ©e derniĂšre, ils avaient payĂ© Rs 1500. «Cette hausse de prix est inadmissible. La chasse n’est pas un sport rĂ©servĂ©  aux riches uniquement», dit GaĂ«tan Oudin.

Ce dernier affirme que les membres de l’association ont fait parvenir une lettre au Premier ministre lui demandant un peu de considĂ©ration face Ă  cette augmentation, mais n’ont eu jusqu’à l’heure aucune rĂ©ponse. «Nous espĂ©rons de tout cƓur que notre appel sera entendu et que les autoritĂ©s compĂ©tentes prendront en considĂ©ration nos requĂȘtes, car l’avenir des chasseurs mauriciens en dĂ©pend», dit-il.