Accident à Quatre-Bornes: Sesungkur réfute les allégations d’agression sur un chauffeur de taxi

il y a 5 ans, 8 mois - 6 Juin 2017, lexpress.mu
Sohail Sesungkur [à g.] blessé aux yeux et Mohammad Yaseer Kardaree et son taxi
Sohail Sesungkur [à g.] blessé aux yeux et Mohammad Yaseer Kardaree et son taxi
Non, il ne serait pas intervenu auprès de la police afin que celle-ci ne suive pas les procédures qui s’appliquent après un accident de la route.

Du moins, c'est ce qu'a affirmé le ministre Sudhir Sesungkur, joint au téléphone à son domicile, par l'express le dimanche 4 juin 2017. Son fils Sohail, 18 ans, a été impliqué dans un accident le samedi 3 juin 2017. Le chauffeur de l'autre voiture accidentée et le fils Sesungkur s'accusent mutuellement d'agression.

L'express a, en fait, voulu parler à Sohail Sesungkur. En appelant à son domicile, nous apprenons que le principal concerné n'est «pas à la maison». Nous avons alors sollicité le ministre des Services financiers, de la Bonne gouvernance et des Réformes institutionnelles, qui s'était précipité au poste de police de Quatre-Bornes en apprenant que son fils avait eu un accident.

«J'étais alors dans ma circonscription, à Montagne-Blanche–Grande-Rivière-Sud-Est. En arrivant au poste de police, j'ai vu que mon fils avait le visage enflé. Il n'arrivait pas à parler. Il avait reçu des coups de poing et on avait tenté de l'étrangler. On lui a cogné la tête contre la voiture. J'ai fait le nécessaire pour qu'il ait des soins à l'hôpital (Victoria) au plus vite. Il s'en est sorti avec six points de suture. Alors que l'homme qui l'a agressé était fringant», raconte Sudhir Sesungkur.

Il est revenu sur les circonstances de l'accident, telles que son fils leslui a racontées. «Il revenait du collège St-Esprit, où il a fait ses études, après avoir donné un coup de main en vue du fancy-fair qui se tient aujourd'hui (NdlR, hier).Sohail allait déposer ses trois amis chez eux quand l'accident s'est produit», relate le ministre Sesungkur. Son fils était au volant d'une BMW marron immatriculée 257 JN 11, appartenant à son ancienne compagnie Corporate Financial Services. Celle-ci est à présent gérée par l'épouse du ministre, selon les dires de ce dernier.

Quid des allégations du chauffeur de l'autre véhicule accidenté (voir plus loin), selon laquelle son fils aurait alors été sous l'influence de l'alcool. «Je ne l'ai pas vu sous l'influence de l'alcool. D'ailleurs, il ne consomme pas de boissons alcoolisées. La police a aussi effectué un alcootest sur lui», rétorque Sudhir Sesungkur.

Pour sa part, Sohail Sesungkur n'a pas encore fait sa déposition à la police. «Notre avocat, Me Siddhartha Hawoldar, va faire le nécessaire pour que la déposition puisse être effectuée. Dans la nuit de samedi à dimanche, on a quitté l'hôpital après minuit. Mon fils devait se reposer», laisse entendre le ministre.

L'express a aussi été à la rencontre du chauffeur de l'autre véhicule impliqué. Il s'agit de Mohammad Yaseer Kardaree, un chauffeur de taxi de 28 ans. Nous l'avons rencontré à son domicile, à Moka. Selon ses dires, c'est un inconnu qui a tabassé le fils du ministre Sesungkur. «L'inconnu a vu que j'étais seul face aux quatre jeunes. Il a voulu me porter secours, et c'est en ce faisant que les discussions ont dégénéré. L'inconnu s'en est allé», affirme le jeune homme.

Au poste de police, poursuit-il, le fils du ministre a été emmené «andan», et cinq minutes plus tard, la police aurait dit au chauffeur de taxi que l'alcootest s'est révélé négatif. Or, le chauffeur de taxi estime que Sohail Sesungkur était sous l'emprise de l'alcool. «Les policiers m'ont dit de remplir le formulaire de constat à l'amiable. J'étais d'accord, mais quand j'ai pensé que j'ai été battu, j'ai changé d'avis», déclare Mohammad Yaseer Kardaree, qui dit avoir reçu des coups au coude.

Or, selon Sudhir Sesungkur, le chauffeur de taxi aurait changé d'avis quand il a reçu un appel téléphonique de ses hommes de loi, Mes Yash Bhadain et Roshi Bhadain. Ce que dément le jeune homme. «Ce sont mes proches qui ont pris contact avec les avocats car la police ne voulait pas prendre ma déposition. Ce n'est qu'après leur arrivée que cela a pu se faire», dit-il.