[Avis des internautes] La saisie sera-t-elle réellement appliquée aux « ti dimounn » ?

il y a 2 heures - 25 Août 2026, ION NEWS
[Avis des internautes] La saisie sera-t-elle réellement appliquée aux « ti dimounn » ?
La saisie du véhicule pour les conducteurs contrôlés sous l’influence de l’alcool ou de drogues ne passe pas auprès des internautes.

Sur les premiers commentaires analysés, 71 % sont critiques ou hostiles à la manière dont la mesure est envisagée, 16 % sont mitigés ou interrogatifs, et seulement 13 % expriment un soutien clair. Mais derrière ce rejet apparent, l’analyse fait ressortir un constat plus précis : les internautes ne défendent pas nécessairement les conducteurs sous influence. Ils mettent surtout en doute la crédibilité, l’équité et l’efficacité de la nouvelle sanction.

Le thème le plus sensible est celui de l’égalité devant la loi. Plusieurs commentaires demandent directement ce qu’il adviendra si un policier, un politicien, un ministre ou une personne fortunée est contrôlé sous influence. Certains vont jusqu’à réclamer des tests d’alcool et de drogues pour les policiers en service. La question revient sous différentes formes : la saisie sera-t-elle réellement appliquée à tout le monde ou uniquement aux « ti dimounn » ?

Cette défiance représente une part importante des réactions. Des internautes évoquent ouvertement la corruption, le favoritisme et une justice à deux vitesses. Le problème n’est donc pas seulement la sévérité de la sanction annoncée par Osman Mahomed : c’est la confiance dans ceux qui devront l’appliquer.

Deuxième grande interrogation : que se passe-t-il lorsque la voiture n’appartient pas au conducteur ? Les commentaires demandent ce qui arrivera pour une voiture louée, empruntée, en leasing, appartenant à une entreprise ou utilisée par un chauffeur de bus. Plusieurs internautes veulent savoir pourquoi un propriétaire qui n’a commis aucune infraction devrait perdre son véhicule à cause du comportement du conducteur. Cette question revient suffisamment souvent pour constituer l’un des principaux points faibles perçus de la réforme.

L’autre front de contestation concerne les routes elles-mêmes. Nids-de-poule, feux de circulation défectueux, absence de marquage, mauvais éclairage : plusieurs internautes demandent pourquoi les autorités ne seraient pas elles aussi tenues responsables lorsque l’état des infrastructures contribue à un accident. L’un des commentaires va jusqu’à suggérer une loi permettant de poursuivre les autorités lorsque les conditions routières sont dangereuses.

Un autre constat ressort : une partie des internautes ne croit plus qu’une nouvelle loi suffira à changer les comportements. Plusieurs parlent de « trop de lois », de mesures introduites après les accidents et d’un manque de contrôles sur le terrain. Le système de Penalty Points et les sanctions existantes sont ainsi implicitement renvoyés à leur efficacité réelle : si les règles sont déjà nombreuses, pourquoi une nouvelle sanction produirait-elle automatiquement de meilleurs résultats ?

Pour autant, les 13 % de commentaires favorables montrent qu’il existe bien une demande de fermeté. Certains approuvent sans réserve la saisie, d’autres réclament en plus la révocation immédiate du permis, la prison ou des sanctions particulièrement lourdes pour les récidivistes. Un commentaire soutient même le principe d’un jugement en cour d’assises dans les cas d’accidents mortels impliquant un conducteur sous influence.

Le résultat est donc plus intéressant qu’un simple “pour ou contre”. Une large majorité des commentaires rejette ou questionne la réforme, mais pas nécessairement parce qu’elle serait trop sévère. Le rejet vise surtout son application, les risques d’injustice et les zones grises autour de la saisie.

À l’approche de la présentation annoncée du texte au Parlement, le gouvernement devra donc répondre à des questions très concrètes : qui saisira les véhicules ? Dans quelles conditions ? Que se passera-t-il pour les voitures appartenant à des tiers ? Les policiers seront-ils soumis aux mêmes règles ? Et surtout, comment garantir que cette nouvelle sanction ne devienne pas, aux yeux du public, une loi de plus appliquée aux uns et négociable pour les autres ?

Les commentaires livrent ainsi un signal politique clair : les internautes ne demandent pas forcément moins de fermeté. Ils demandent de savoir à qui cette fermeté sera réellement appliquée.