
Ils réclament des amendements urgents et préviennent : sans réponse rapide du gouvernement, ils passeront à l’action.
Le président du Transport Industry Workers Union, Hamrag Roy, affirme qu’une réunion avait déjà eu lieu avec le ministre avant l’entrée en vigueur du système.
« Nous avions clairement expliqué que le permis à points ne devait pas pénaliser les travailleurs du transport. C’est leur gagne-pain. Certains éléments du système les victimisent », soutient-il. Il cite des cas concrets : les phares défectueux ou les clignotants. « Un autobus subit une vérification avant de quitter le dépôt. Mais personne ne peut prévoir qu’une ampoule cessera de fonctionner en pleine journée. Pourtant, c’est le chauffeur qui écope : une contravention et des points en moins. C’est une double peine », s’insurge-t-il.
Il prévient que la situation peut devenir dramatique. « Si un chauffeur atteint le seuil maximal de points retirés, il perd son permis et donc son emploi. Aucun employeur ne l’embauchera. C’est toute une famille qui bascule dans la précarité. Le ministre avait promis de revoir la question, mais nos demandes sont restées lettre morte », déplore-t-il lors de cette conférence de presse tenue en présence du président de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP), Reeaz Chuttoo.
Même son de cloche du côté du président de la Transport Corporation Employees Union, Kiran Parbotia, qui maintient que l’impact du permis à points dépasse la situation individuelle des chauffeurs.
« Soit nous infligeons une contravention, soit nous déduisons des points. Mais le fait de cumuler les deux est excessif. Avec l’état des routes et la nouvelle version du système, un chauffeur peut perdre jusqu’à 12 points en une heure. Ensuite, il doit attendre trois ans pour récupérer son permis. Que devient-il pendant ce temps ? », se demande-t-il
La Platform Travayer CNT interpelle également le gouvernement sur l’état de la flotte. Les autobus de 66 places, arrivés en fin de vie, sont progressivement remplacés par des véhicules de 45 à 50 sièges. Résultat : baisse de capacité, surcharge sur certaines lignes et manque à gagner pour la corporation.
Le secrétaire de la Transport Corporation Employees Union, Krishnaduth Gobin, explique que cette conférence visait à « faire entendre la voix des travailleurs, souvent pris à partie par des usagers mécontents », alors qu’ils ne sont pas responsables des décisions structurelles.
Les syndicats réclament une rencontre urgente avec le ministre du Transport, Osman Mohamed, afin d’exposer l’ensemble des doléances du secteur.
Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, élargit le débat. Il fait état de la grève de 2013 pour l’obtention d’un accord collectif — aujourd’hui expiré depuis dix ans. « Depuis 2018, les travailleurs du transport sont régulièrement lésés. Nous envisageons même de saisir la Cour suprême pour discrimination. Il est inconcevable que les employés de la CNT soient à la fois couverts par le PRB et le NRB. Le ministre s’était engagé à corriger cette anomalie. Rien n’a bougé », dit-il.
Il évoque également la menace de permis accordés à des travailleurs étrangers, la question du renouvellement du permis à 60 ans après examen médical et le gel des salaires. « Les travailleurs prendront leur destin en main. Il n’est plus question de mendier. Nous soumettrons nos propositions pour un nouvel accord collectif et exigeons l’ouverture de négociations dans un délai de trois mois. Passé ce délai, nous assumerons nos responsabilités. Si la direction veut la confrontation, elle l’aura. Il est temps de cesser de prendre les travailleurs du transport pour des gopia », a affirmé Reeaz Chuttoo.
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