Phares LED : 1 692 contraventions depuis le 31 janvier, mais le problème persiste

il y a 2 jours, 5 heures - 28 Août 2026, ION NEWS
Phares LED : 1 692 contraventions depuis le 31 janvier, mais le problème persiste
Le chiffre interpelle : 1 692 contraventions pour des véhicules équipés de lampes non autorisées depuis l’entrée en vigueur du permis à points, le 31 janvier. Pourtant, sur les routes mauriciennes, le problème des phares LED trop puissants ou mal réglés semble loin d’avoir disparu.

Dans une publication sur Facebook, le mardi 25 août, le ministre du Transport, Osman Mahomed, affirme que dire que « rien n’est fait » serait faux. Il rappelle que des contraventions sont bien délivrées aux automobilistes concernés.

Mais sanctionner des conducteurs suffit-il à régler le problème ?

Pour les automobilistes qui prennent la route la nuit, la réalité reste la même : les phares particulièrement puissants de certains véhicules continuent de provoquer un éblouissement important. Lorsqu’un véhicule arrive en sens inverse avec un éclairage trop intense, le conducteur en face peut perdre momentanément une partie de sa visibilité. Le problème est encore plus préoccupant sur les routes peu éclairées. Dans l’obscurité, le contraste entre une route sombre et un faisceau lumineux très puissant peut rendre l’éblouissement particulièrement agressif.

Si 1 692 contraventions ont été émises, combien de véhicules équipés de ces phares circulent encore sur les routes ? Combien de conducteurs ont effectivement retiré ou remplacé leurs équipements ? Et surtout, les automobilistes sont-ils aujourd’hui moins exposés à l’éblouissement qu’avant ? C’est là que le simple nombre de contraventions ne suffit plus. Une sanction démontre qu’un contrôle a été effectué. Elle ne démontre pas nécessairement que le danger a disparu.

Le problème des routes mal éclairées

Une autre question mérite également d’être posée : quelle est la situation de l’éclairage public sur les routes mauriciennes ? À plusieurs endroits, des automobilistes doivent circuler sur des portions de route faiblement éclairées, tandis que certains lampadaires peuvent être éteints ou hors service. Or, l’éclairage routier joue directement sur les conditions de visibilité nocturne.

Une étude gouvernementale sur les technologies d’éclairage routier à Maurice avait d’ailleurs analysé les accidents survenus la nuit selon l’état de l’éclairage. Parmi les accidents nocturnes étudiés, certains se produisaient sur des routes sans éclairage ou avec des lampadaires présents mais non allumés. Dès lors, une question se pose : dans les zones où l’éclairage public est insuffisant, les automobilistes cherchent-ils à compenser en utilisant des phares toujours plus puissants ?

Cela ne justifie évidemment pas l’utilisation de lampes non-conformes. Mais la sécurité routière ne peut pas être abordée uniquement sous l’angle de la contravention. Elle doit également tenir compte de l’environnement dans lequel les conducteurs circulent. Le gouvernement a lui-même déjà reconnu l’importance des normes et de la qualité de l’éclairage routier. Des documents officiels prévoient notamment des critères de performance pour les installations d’éclairage public afin d’assurer une luminosité adaptée aux différents types de routes.