Projets d'Infrastructures Publiques : une Liste Noire Sera Remise au Central Procurement Board

il y a 7 ans, 11 mois - 19 Février 2015, Défi Media Group
Archive Photo : Ring Road cracks
Archive Photo : Ring Road cracks
Le gouvernement travaille sur une liste de compagnies de construction qui, dans le passé, ont fauté sur des projets d’infrastructures. Cette liste devrait, par la suite, être adressée au Central Procurement Board (CPB).

Exclure d’office le nom de certaines compagnies des appels d’offres du CPB. Tel est le but de l’exercice mené par le gouvernement. « Nous avons remarqué que bien que certaines compagnies ont, dans le passé, fauté sur certains projets d’infrastructures, elles continuent de prendre part aux exercices d’appels d’offres lancés par le gouvernement », explique une source proche du dossier.

Pour éviter que cela ne se reproduise, le ministère de la Bonne Gouvernance a initié une enquête afin de passer en revue toutes les compagnies de constructions ou firmes de consultants qui, dans le passé, ont participé à des projets qui s’effondrent aujourd’hui. D’ores et déjà, le nom de Coyne and Bellier, firme de consultants impliquée dans le projet Bagatelle Dam, a été ‘blacklisted’, apprenons-nous du ministère des Services publics. Cette firme avait également tenté sa chance pour décrocher le contrat pour le barrage de Rivière-des-Anguilles mais, d’emblée, elle a été mise hors course.

Pour l’heure, une attention particulière est portée aux ‘high profile projects’ qui, d’une manière ou d’une autre, se sont révélées des échecs. Parmi ces projets : la deuxième phase de la route circulaire à Pailles, l’autoroute Terre-Rouge/Verdun, le Bagatelle Dam. Le ministère de Roshi Bhadain se penchera sur plusieurs volets. D’abord, la responsabilité des compagnies dans l’effondrement de certaines infrastructures (Ring Road et tronçon Terre-Rouge/Verdun) et l’apparition de fissures sur plusieurs mètres. Idem pour l’apparition de fissures dans le Bagatelle Dam avant même sa mise en opération. Les autres volets de l’enquête porteront sur les variations des coûts. Dans plusieurs projets d’infrastructures initiés par l’ancien régime, les coûts ont bien souvent pris l’ascenseur et ont même triplé dans certains cas.

Des faits troublants

Le ministre des Infrastructures publiques, Nando Boadha, avait, dans le dossier des fissures apparues sur le tronçon Terre-Rouge/Verdun, pris connaissance de plusieurs faits troublants, relatifs à la responsabilité de la Road Development Authority (RDA) et des compagnies françaises Colas et Egis. Ainsi, des fissures avaient été découvertes sur la route Terre-Rouge/Verdun dès octobre 2013, soit 10 mois avant son inauguration officielle. Suite à ces observations, la compagnie Colas avait rédigé un rapport sur les travaux de réhabilitation qu’elle convenait de mener.Or, selon le ministre des Infrastructures publiques, la firme Egis avait donné des instructions à Colas pour qu’elle abandonne ces travaux. «Ce sont là des points noirs sur lesquels il faudra faire la lumière », indique une source.