Si les 18 % avaient été appliqués : Rs 83,51 (essence) et Rs 84,12 (diesel)

il y a 10 heures - 1 Octobre 2026, ION NEWS
Si les 18 % avaient été appliqués : Rs 83,51 (essence) et Rs 84,12 (diesel)
Depuis mardi, l’essence coûte Rs 77,70 le litre et le diesel Rs 78,35. Le message, à peine voilé, du gouvernement : réjouissez-vous, cela aurait pu être bien pire.

Car selon les calculs présentés avant la réunion du Petroleum Pricing Committee, la hausse réelle atteignait 18,20 % pour l’essence et 18,06 % pour le diesel. Appliquée en totalité, elle aurait porté l’essence à Rs 83,51 et le diesel à Rs 84,12. La réglementation ayant plafonné à 10 % toute augmentation en une seule fois, l’automobiliste s’en tire provisoirement.

D’abord parce que ce plafond n’est pas une décision généreuse du moment, mais une règle préexistante : la hausse a été limitée non par bonté, mais par un mécanisme qui interdit d’aller au-delà de 10 % d’un coup. Ensuite, et surtout, parce que ce qui n’a pas été répercuté aujourd’hui n’a pas disparu. Les Rs 5,81 d’écart sur l’essence, entre le Rs 77,70 appliqué et le Rs 83,51 calculé, ne se sont pas évaporés : ils restent, quelque part, à absorber.

Le trou qui grandit derrière la « clémence »

Où va cette différence ? En grande partie dans le Price Stabilisation Account, ce compte censé amortir les chocs, et qui se creuse à vue d’œil. Il est passé de Rs 1,70 milliard de déficit à la fin janvier à Rs 3,49 milliards au 31 août, puis à Rs 3,63 milliards au 28 septembre. En huit mois, le trou a donc plus que doublé. Autrement dit : chaque hausse « limitée » à la pompe s’accompagne d’un déficit qui, lui, ne connaît pas de plafond. La modération affichée à la caisse a une contrepartie, différée et invisible, dans les comptes publics.

Différée, pas annulée

C’est là le cœur du malentendu. Contenir une hausse de 18 % à 10 % ne l’annule pas : cela l’étale. La part non répercutée aujourd’hui alourdit un compte déjà déficitaire, qu’il faudra bien renflouer, par de nouvelles hausses, par des fonds publics, ou par les deux. Tant que les cours internationaux et le taux de change (établi à Rs 48,18 pour un dollar dans ces calculs) resteront défavorables, la pression demeurera. Et un compte qui a plus que doublé son déficit en huit mois laisse peu de doute sur la suite : d’autres révisions sont, arithmétiquement, à venir.

La vraie question

Il ne s’agit pas de nier que 10 % vaut mieux que 18 %. Il s’agit de refuser que l’on présente un moindre mal comme une bonne nouvelle. Demander aux Mauriciens de se réjouir d’une hausse parce qu’elle aurait pu être plus forte, c’est déplacer le débat : la question n’est pas de savoir de combien on aurait pu les faire payer davantage, mais pourquoi, hausse après hausse, ce sont toujours les mêmes qui absorbent l’écart, à la pompe aujourd’hui, dans un déficit à combler demain.