
Cinq mois après l’entrée en vigueur du permis à points, les récents drames survenus sur les routes mauriciennes relancent le débat sur l’efficacité des mesures de dissuasion et sur la nécessité d’un changement durable des comportements au volant.
Le samedi 6 juin, un autobus de la compagnie Royal King a été impliqué dans un spectaculaire accident. À la suite de cet incident, le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, a annoncé qu’une enquête approfondie serait menée par la National Land Transport Authority (NLTA), en collaboration avec la police, afin d’établir les circonstances exactes des faits et de déterminer les éventuelles responsabilités.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre a également indiqué son intention de proposer des amendements à la législation routière pour durcir les sanctions visant les conducteurs dont le comportement met en danger la vie d’autrui. Parmi les mesures envisagées figure notamment la saisie des véhicules dans les cas de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de substances illicites.
Moins de vingt-quatre heures plus tard, un autre accident grave s’est produit à Grand Bois. Alors que les circonstances de ce drame font toujours l’objet d’une enquête, ce nouvel épisode est venu alimenter les préoccupations persistantes concernant la sécurité routière à Maurice.
Introduit le 31 janvier 2026, le permis à points avait pour objectif de renforcer la discipline sur les routes et de responsabiliser davantage les usagers. Le système prévoit l’attribution de points de pénalité pour diverses infractions, pouvant conduire à la suspension du permis de conduire lorsque le seuil maximal est atteint.
Toutefois, les récents accidents rappellent que les sanctions, aussi dissuasives soient-elles, ne suffisent pas nécessairement à elles seules à modifier des habitudes profondément ancrées. Excès de vitesse, conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues, utilisation du téléphone au volant et non-respect du code de la route continuent d’être régulièrement pointés du doigt par les autorités.
Cinq mois après l’introduction du permis à points, le constat demeure contrasté. Si le cadre répressif a été considérablement renforcé, les récents drames montrent que l’amélioration durable de la sécurité routière passe également par une évolution des comportements, une application rigoureuse de la loi et un effort soutenu de sensibilisation.
57 morts sur nos routes depuis janvier Akilesh Mungar, du Rassemblement Mauricien, critique le ministre du Transport, qui se réjouit d’une légère baisse des accidents en avril grâce à ce système.
Selon lui, la réalité sur le terrain reste bien plus grave que les chiffres annoncés. Akilesh Mungar appelle donc à des mesures urgentes et concrètes pour stopper les accidents et mieux protéger les usagers de la route.
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