
Pour Alain Jeannot, président de Prévention Routière Avant Tout (PRAT), «il est essentiel d’encourager le covoiturage, surtout en raison de la forte densité de véhicules dans l’île. Ce qui pourrait réduire la consommation d’essence, diminuerait les coûts d’importation ainsi que les dépenses individuelles du transport. En partageant une voiture, les usagers pourraient aussi partager les coûts, optimisant ainsi l’utilisation des sièges disponibles dans les véhicules.»
Il souligne aussi que le secteur des transports contribue fortement aux émissions de gaz à effet de serre. Réduire le nombre de voitures en circulation permettrait donc de diminuer la pollution atmosphérique et d’améliorer la qualité de l’air. De plus, le covoiturage aiderait à désengorger le trafic, diminuant ainsi le temps perdu dans les embouteillages. «Au début du XXIᵉ siècle, il a été observé que les travailleurs perdaient en moyenne 600 heures par an dans les bouchons, une perte conséquente qui impacte leur productivité», argumente-t-il.
Selon plusieurs études, le covoiturage agit également sur la santé mentale car le stress lié à la conduite dans les embouteillages peut engendrer des accidents. «Toutefois, pour que cette initiative fonctionne, il est nécessaire de mettre en place des campagnes de sensibilisation. Certains chauffeurs de taxi craignent que le covoiturage nuise à leur activité, mais cela n’est pas nécessairement vrai. Lorsqu’un taxi récupère un passager à l’aéroport, il est soumis aux mêmes embouteillages que les autres. Il est important de comprendre que les personnes qui choisissent le covoiturage ne remplaceront pas leurs trajets en taxi par cette option.Encourager les gens à partager leurs voitures est essentiel. Par exemple, en France, des voies réservées au covoiturage et des parkings relais facilitent cette pratique. Ces mesures permettent aux personnes faisant du covoiturage de gagner du temps et d’accéder plus facilement à des places de stationnement.»
Alain Jeannot poursuit en disant que des solutions similaires pourraient être envisagées dans l’île, par exemple, la création de parkings relais. «Cela permettrait aux usagers de se rencontrer pour partager des trajets, facilitant ainsi le covoiturage. Le développement d’une infrastructure adaptée, comme des stations de covoiturage, est fondamental pour favoriser cette pratique.»
Ardent défenseur du système de covoiturage depuis plusieurs années,Alain Jeannot est favorable à l’encouragement gouvernemental mais la mise en place d’une telle initiative nécessiterait un engagement collectif pour en assurer le succès. «Il est crucial d’agir maintenant pour sensibiliser la population et encourager les Mauriciens à adopter le covoiturage comme une pratique courante. C’est une solution pragmatique pour une mobilité durable à Maurice.»
De leur côté, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et la Banque mondiale estiment que le covoiturage est une solution de mobilité urbaine rentable. Une étude du Massachusetts Institute of Technology a révélé que les systèmes de covoiturage pourraient réduire jusqu’à 75 % le nombre de véhicules en ville s’ils étaient largement adoptés. L’Agence européenne pour l’environnement indique que le covoiturage peut réduire considérablement les émissions liées aux transports urbains lorsqu’il est combiné à l’utilisation de véhicules électriques.
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