Son époux, Jonathan Thomas, attend des nouvelles. Selon le chauffeur du van dans lequel elle se trouvait, le sergent Gautam Singh Taukoor a pointé son arme sur lui et l’a menacé avant qu’un coup de feu ne retentisse. Arrêté et présenté devant la «Bail and Remand Court», le sergent est provisoirement accusé de mise en danger de la vie d’autrui. Quatre médecins venus d’Inde sont attendus lundi pour tenter de sauver la jeune femme.
La vie d’Élodie Thomas, 27 ans, a basculé vendredi soir, 9 octobre, à Camp-Levieux. Employée chez Winners à Tribeca, elle rentrait du travail à bord d’un van lorsqu’elle a été atteinte par balle. Elle est depuis aux soins intensifs de l’hôpital de Candos, dans un état critique. Mère d’une petite fille de deux ans, Élodie partage la vie de Jonathan Thomas depuis sept ans. Le couple vit à Trèfle, mais Jonathan s’est installé temporairement chez ses parents, à Plaisance, Rose-Hill, en raison de leurs problèmes de santé. C’est ce qui explique l’itinéraire d’Élodie vendredi soir, après son service dans l’hypermarché de Tribeca, qu’elle terminait habituellement vers 22 heures. Pour Jonathan et ses proches, l’attente est éprouvante. La famille espère une amélioration de son état.
Tirvassen Soobrayen, le chauffeur du van, devait déposer une passagère près du poste de police de Camp-Levieux. Selon lui, un policier semblait contrôler les véhicules et l’a arrêté pour lui demander où il allait. «Je lui ai dit qu’il y avait un de mes passagers qui habite dans cette rue. Et là, il m’a informé qu’il y a des débris dans la rue et que si je passe, c’est à mes risques et périls et que mon van pouvait être endommagé.»
Le chauffeur dit avoir ensuite allumé l’éclairage à l’intérieur du véhicule et demandé à la personne qui habite dans la rue s’il existait un autre itinéraire. C’est alors, affirme-t-il, que le sergent est intervenu : «Il a ouvert la porte de mon véhicule et a pointé son arme sur ma tête. Il m’a dit, “Eski to anvi gagn enn kout bal la ?” Par peur, j’ai démarré mon véhicule et je suis parti. Après une cinquantaine, voire une centaine de mètres, j’ai entendu un coup de feu. Et la balle a transpercé ma vitre arrière pour atteindre ma passagère, Élodie.»
Les circonstances exactes du tir restent à établir dans le cadre de l’enquête. Le sergent Gautam Singh Taukoor a été arrêté. Présenté hier devant la Bail and Remand Court, il fait l’objet d’une accusation provisoire de possession of firearm with intent to endanger life. La police s’est opposée à sa remise en liberté sous caution et il a été reconduit en cellule au centre de détention de Moka.
L’état d’Élodie Thomas demeure critique. Mᵉ Rama Valayden est venu auprès de la famille hier après-midi. «Quatre docteurs arriveront de l’Inde lundi matin pour tenter de la sauver. Pour l’instant impossible de l’opérer.» Selon lui, ils ne peuvent pas arriver plus tôt en raison de perturbations affectant les trains en Inde. Le senior counsel a aussi demandé au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) de revoir la charge retenue contre le policier et de la requalifier en attempt to murder (tentative de meurtre), afin qu’une charge plus grave soit envisagée au regard des circonstances.
Par ailleurs, plusieurs personnalités politiques et publiques se sont déplacées hier pour soutenir les proches d’Élodie Thomas : Neelkant Dulloo, Paul Bérenger, Joanna Bérenger, Chetan Baboolall, Rama Valayden, Gabriella Batour, ancienne maire de Beau-Bassin–Rose-Hill, et Sydney Pierre. Ce dernier a accompagné Jonathan Thomas à l’hôpital pour rendre visite à son épouse. Alors que l’enquête se poursuit, les proches restent dans l’attente de nouvelles, avec l’espoir que l’arrivée des médecins ouvre une perspective.
La Mauritius Police Force a annoncé, ce dimanche 11 octobre, l’interdiction de service du sergent Gautam Singh Taukoor, provisoirement inculpé à la suite du coup de feu qui a grièvement blessé Élodie Thomas, 27 ans, à Camp-Levieux, vendredi soir. Trois autres policiers, qui étaient présents sur les lieux au moment des faits, ont également été interdits de service pour n’avoir pas porté assistance à une personne dont la vie était en danger.
Dans un communiqué, la police affirme traiter cette affaire avec le plus grand sérieux et indique maintenir une communication régulière avec la victime et sa famille. Elle appelle également la population à faire preuve de prudence dans le partage d’informations sur les réseaux sociaux, notamment les contenus non vérifiés susceptibles d’attiser les tensions.
La force policière assure que toutes les mesures nécessaires sont prises afin que cette affaire soit traitée conformément à la loi et dans l’intérêt de la justice.
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