
Il y a d’abord des soupçons liés à l’utilisation frauduleuse de signatures numériques pour effectuer des transferts bancaires à l’insu de clients de la société Juristax. Désormais, ce qui intrigue, c’est la relation entre Hemraz Leckraj, le jockey Rye Joorawon (impliqué récemment dans un accident fatal à Solitude) et un Curepipien, loueur de voitures. Joorawon aurait demandé à Leckraj de conduire un 4×4 pour réparation dans un garage bien connu. Ce détail, a priori anodin, a éveillé les soupçons des enquêteurs. En creusant, la FCC a établi que ce véhicule serait en réalité loué auprès d’un opérateur basé à Curepipe, spécialisé dans la location automobile.
Dès lors, la question est : quel lien unit ces trois individus ? Les enquêteurs cherchent à déterminer si cette interaction relève d’une simple coïncidence ou si elle s’inscrit dans un schéma plus structuré, possiblement lié aux flux financiers suspects déjà identifiés. Le véhicule pourrait-il avoir été utilisé dans le cadre d’activités connexes au présumé détournement ? Parallèlement, l’enquête principale continue de se concentrer sur l’utilisation présumée abusive de digital signatures. Selon la FCC, ces signatures auraient été obtenues dans le cadre d’investissements effectués par les clients de la société Juristax, avant d’être utilisées à leur insu pour initier des transferts de fonds vers le compte personnel d’Hemraz Leckraj ainsi que vers ceux de six sociétés opérant dans les secteurs de la gestion de fonds et de la fiscalité, dont certaines seraient offshore.
Sur les Rs 20 millions présumées détournées, environ Rs 10 millions auraient été versées sur le compte personnel du suspect, tandis que le reste aurait été réparti entre les différentes entités. Les enquêteurs privilégient désormais la thèse d’un mécanisme structuré, impliquant plusieurs acteurs coordonnés. Les clients lésés, affirmant n’avoir jamais autorisé ces transactions, ont déjà fait des dépositions officielles à la FCC. Des témoignages clés.
Lors de son interrogatoire, Hemraz Leckraj, assisté de son avocat, Me Yash Bhadain, avait dans un premier temps exercé son droit au silence avant de laisser entendre que certaines instructions suspectes auraient été exécutées au sein même de sa société, facilitant ainsi les transactions contestées.
L’axe d’enquête portant sur la relation entre les trois individus pourrait s’avérer déterminant pour comprendre l’architecture globale de l’affaire et établir si ces connexions s’inscrivent dans une dynamique frauduleuse plus large.