Post émeutes : Dégâts considérables et casse-tête pour les assureurs

3 hours ago - 16 October 2026, ION NEWS
Post émeutes : Dégâts considérables et casse-tête pour les assureurs
L’île Maurice panse ses plaies après trois jours de tensions qui ont secoué plusieurs régions. Les manifestations qui se sont tenues les lundi 12, mardi 13 et mercredi 14 octobre ont basculé en émeutes.

Elles avaient été déclenchées par des tensions sociales liées aux coupures d’eau et au coût de la vie, avant de s’enflammer à nouveau après qu’un policier a tiré un coup de feu qui a grièvement blessé une habitante. Malgré le couvre-feu décrété par les autorités, le paysage commercial et routier mauricien porte les stigmates d’une violence inédite depuis presque trois décennies.

Un bilan matériel lourd : Véhicules brûlés et infrastructures saccagées

Entre lundi soir et mercredi, les actes de vandalisme se sont multipliés dans plusieurs localités (Beau-Bassin, Vacoas-Phoenix, Bambous, Goodlands, Sainte-Croix, Mahébourg, entre autres).

Véhicules particuliers et commerciaux : Des dizaines de voitures garées le long des voies publiques ou stationnées près des commerces ont été incendiées ou caillassées. Plusieurs véhicules de livraison ainsi que des autobus ont essuyé des jets de pierres et de cocktails Molotov.
Centres commerciaux et supermarchés : Des enseignes nationales et internationales ont été directement visées. À Beau-Bassin, un restaurant McDonald’s a été partiellement vandalisé, tandis que des devantures de supermarchés, des vitrines de galeries commerciales et des commerces de proximité ont été brisées, entraînant pillages et dégâts structurels par le feu.
Infrastructures publiques et privées : Des barrages enflammés sur les axes routiers principaux ont dégradé l’asphalte et le mobilier urbain, paralysant le transport et la distribution à travers l’île.

Le secteur des assurances face au défi des clauses de « Riots & Strike »

Alors que les commerçants, concessionnaires et propriétaires évaluent encore les pertes financières, tous les regards se tournent désormais vers les compagnies d’assurances. Cette vague de sinistres soulève des questions juridiques et contractuelles :

La clause « SRCC » (Strike, Riot and Civil Commotion) : En règle générale, les contrats d’assurance automobile et multirisque commerciale standards excluent les dommages causés par des émeutes, des mouvements populaires ou des actes de vandalisme de masse. Seuls les assurés ayant souscrit l’extension spécifique SRCC pourront prétendre à une indemnisation intégrale pour leurs véhicules et leurs locaux.

Pertes d’exploitation et fermetures forcées : Pour les commerces et centres commerciaux contraints de fermer sous l’effet du couvre-feu ou des dégradations physiques, le recours dépendra de la souscription d’une garantie « Perte d’exploitation ». Les assureurs prévoient d’ores et déjà un afflux de déclarations de sinistres au cours des prochains jours.
Pression financière sur la réassurance : Pour faire face au paiement de ces indemnités exceptionnelles, les assureurs locaux devront faire jouer leurs traités de réassurance internationale. Un tel volume de demandes pourrait entraîner, à terme, une hausse des primes d’assurance pour les risques commerciaux et automobiles sur l’ensemble du territoire national.

Alors que l’ordre public se rétablit progressivement grâce au déploiement des forces de l’ordre, le secteur privé et la population attendent désormais une prise de position rapide du gouvernement et des autorités financières concernant d’éventuels fonds d’urgence ou aides directes pour accélérer la reconstruction des commerces touchés.