
Un bilan alarmant, marqué par des causes qui reviennent inlassablement : conduite dangereuse, excès de vitesse, alcool au volant et, de plus en plus, la drogue au volant. Face à cette situation, une question s’impose : le problème relève-t-il uniquement du comportement des conducteurs, ou faut-il revoir les bases mêmes du système, notamment la formation et les conditions d’obtention du permis de conduire ?
Afin d’analyser les causes profondes de cette situation et d’identifier d’éventuelles pistes de solution, nous avons sollicité l’avis de plusieurs professionnels du secteur, au contact quotidien des réalités routières.
Pour Me Arun Binda, avocat spécialisé dans les infractions routières, il est impératif de renforcer la manière dont les permis de conduire sont délivrés.
Même son de cloche du côté de Manoj Rajkumar, représentant de l’Association des moniteurs d’auto-écoles. Il estime que la formation actuelle présente de sérieuses lacunes et que le système d’examen doit être revu en profondeur. Selon lui, la formation ne devrait pas se limiter aux trajets autour des casernes, mais inclure davantage de conduite sur autoroute et dans des conditions réelles de circulation.
Il propose également l’introduction d’un carnet d’apprentissage, qui permettrait de consigner toutes les étapes du parcours de l’élève conducteur, depuis le début de la formation jusqu’à l’examen final, afin d’assurer un meilleur suivi et une formation plus complète.
Si le renforcement des contrôles et des sanctions demeure nécessaire, les experts s’accordent à dire qu’une réforme en profondeur de la formation à la conduite pourrait constituer un levier essentiel pour enrayer durablement la spirale des accidents mortels sur les routes mauriciennes.
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