Vente de Voitures de Seconde Main....

8 years, 6 months ago - 31 July 2014, Défi Media Group
Vente de Voitures de Seconde Main....
Inteaz Badulla, Directeur de la Firme Autoworld : « Les Revendeurs Font Face à d’Innombrables Défis »

Pour la première fois depuis le début de l’année, la vente des voitures de seconde main importées (reconditioned) a atteint la barre des 600 unités en juin. Malgré ce bon signe pour les opérateurs, le directeur d’Autoworld, Inteaz Badulla, est d’avis que ces derniers font face à d’innombrables défis qui ne font que s’accumuler.

Quelle est la situation au niveau de la concurrence à laquelle font face les opérateurs ?

Les lois qui régissent l’importation des voitures de seconde main constituent des obstacles pour le bon déroulement des activités commerciales. Tout le monde ne peut pas se payer une voiture neuve. De ce fait, les voitures de seconde main importées se positionnent comme des solutions moins chères pour le consommateur. La loi nous interdit d’importer un nouveau modèle de voiture avant un délai de 18 mois depuis sa première commercialisation.

Ceci démontre l’aspect anticoncurrentiel du secteur, où seuls, les revendeurs de voitures neuves bénéficient d’une clientèle plus large. Nous demandons aux autorités de réviser cet embargo à trois ou quatre mois. Car 18 mois après, le modèle devient carrément obsolète et n’attire pas les consommateurs, vu qu’il y a de nouveaux modèles chaque six ou douze mois.

Deuxièmement, la loi nous interdit l’importation de plus de 20 voitures de seconde main. Il est à noter qu’à partir de la date d’embarcation, une cargaison de voitures prend en moyenne 40 à 45 jours pour arriver à Maurice. On se trouve dans l’impossibilité d’importer d’autres voitures pendant ces 45 jours, soit jusqu’à la livraison. Nos activités chutent énormément durant cette période. C’est anormal que les autorités continuent avec ce système anticompétitif !

Quels sont les autres défis du secteur ?

De nos jours, tout le monde peut faire une demande pour une licence d’importation. Mais une licence d’importation diffère de celui d’un commerce. Un opérateur devrait être en mesure de payer pour un permis d’importation de Rs 60 000 par an, d’une licence de Rs 25 000, une assurance de Rs 40 000 par plaque d’immatriculation temporaire, une taxe municipale de Rs 50 000, des autres taxes échelonnant à environ Rs 200 000 et doivent avoir une garantie bancaire de Rs 2 millions par an.

Alors qu’un importateur privé n’a besoin que d’une licence d’importation pour pouvoir vendre les voitures sur le marché. Des études menées par certains opérateurs démontrent que chaque mois, plus de 30 % des voitures de seconde main importées, le sont par des importateurs individuels. Les voitures provenant de ces importateurs coûtent moins cher que les voitures commercialisées par les revendeurs. Un consommateur voudrait profiter de cette offre au lieu d’avoir recours à un opérateur.

Quelles sont les mesures applicables pour consolider le secteur ?

Ce manque à gagner dans la vente des voitures de seconde main importées représente des pertes, non seulement pour les opérateurs, mais aussi pour le gouvernement et les consommateurs. On est d’avis qu’il doit y avoir une réelle démocratisation du secteur afin qu’il soit plus conforme et, surtout, économiquement viable pour l’ensemble de la population, ainsi que les autorités. Le délai d’importation devra être levé ou raccourci afin de favoriser un commerce plus libre, équitable, mais surtout, loyal. Les lois devront être revues afin de favoriser la démocratisation et pour maintenir un partage équitable des ressources et des richesses.