Prolongement du bypass de Flic-en-Flac vers la Coastal Road : La polémique enfle après le communiqué du Cabinet

il y a 2 heures - 22 Septembre 2026, Le Mauricien
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Le mystère autour du projet d’aménagement de la nouvelle route (prolongement du bypass de Flic-en-Flac) reliant Cascavelle à l’avenue Crécerelle et la Coastal Road prend de l’épaisseur.

Alors que le chantier tire à sa fin, un communiqué émis le 11 septembre par le Conseil des ministres — approuvant « une modification du périmètre des travaux du projet, consistant à remplacer le tronçon Avenue du Radar par le tronçon Avenue Crécerelle » — a accentué le courroux des riverains, qui disent avoir été mis devant le fait accompli. La teneur du communiqué émis par le Cabinet précisant que « le changement de tracé répond aux contraintes identifiées autour du tracé initial, soit le long de l’avenue du Radar », est qualifiée de « fallacieuse » par ceux résidant à moins de 10 mètres du tracé, avec une vue imprenable sur des hectares de réserves naturelles qui ont été rasées en partie. « C’est maintenant, alors que le chantier sera livré sous peu, que le Cabinet prend note du changement du tracé. Pe met soulie avan soset ! L’influence exercée par certains gran misie à Flic-en-Flac a valu son pesant d’or dans ce changement de tracé », martèle un contestataire.

« La construction de la nouvelle route à chaussée unique de 3,1 km reliant l’Avenue du Radar à la Black River Road (A3) constitue le deuxième volet (Option B) du projet majeur de contournement de Flic-en-Flac ». C’est ainsi que le projet avait été présenté par la Road Development Authority (RDA), en 2019, sous l’ancien régime. Quelles sont donc les raisons qui ont poussé les autorités à supplanter le tracé de l’Avenue du Radar, en serpentant des champs de cannes, par celui de l’Avenue Crécerelle ? « L’idée est de conserver l’amélioration recherchée en matière d’accessibilité sans reproduire les difficultés associées à l’ancien tracé », peut-on lire en substance dans le communiqué émis par le Conseil des ministres.

Non seulement cette notification arrive bien tard, mais elle demeure floue et incomplète aux yeux des propriétaires des blocs d’appartements des rues Crécerelle, Dahlia et Canaris, mais aussi de Morcellement Palmyre et des appartements Westline, venus chercher une bouffée d’air frais au cœur de cet espace paisible, mais qui vont vite déchanter face au vacarme des moteurs de véhicules.

L’aménagement de cette nouvelle route de liaison, qui s’étendra bientôt vers Wolmar et des hôtels comme Tamarina et Maradiva, allégera probablement le trafic dans la zone, mais l’argument brandi par les autorités pour justifier ce changement de cap vers l’Avenue Crécerelle semble ne pas tenir la route, d’autant que Week-End avait révélé, dans son édition du 29 mars 2026, des extraits contenus dans le rapport du Directeur de l’Audit National (NAO) de 2024-25, qui a été déposé en février 2026. Il souligne notamment que la zone tampon (buffer zone) entre la route à haute vitesse et les clôtures des propriétés privées est jugée insuffisante dans certaines sections, jugeant que les mesures d’atténuation (murs antibruit ou barrières végétales) n’étaient pas clairement définies ou budgétisées dans le plan révisé, ce qui risque de nuire à la qualité de vie des résidents.

Le rapport peint un tableau accablant, classant le Bypass (Flic-en-Flac/Pierrefonds) comme étant une « infrastructure fantôme avec un chantier qui a démarré en juillet 2023, mais faisant l’objet d’une demande d’obtention du permis Environmental Impact Assessments (EIA)… en juillet 2025. » Si on se frotte les mains au sein de l’Avenue du Radar, ce développement ayant nécessité l’abattage d’une centaine d’arbres, vieux de 100 ans, constitue une douche froide pour ceux et celles qui ont jeté leur dévolu sur ce « havre de paix » pour y habiter. Ils ont pourtant joué leur va-tout dans une tentative de convaincre les autorités de modifier le réalignement de la route, d’une façon à ce que la zone tampon soit poussée à 50 mètres des maisons, au lieu de 8,50 m. La partie était perdue d’avance.

Au-delà de la pollution sonore et des craintes sur le déclin de la biodiversité qu’elle entraîne, les concernés anticipent déjà une décote immobilière de leurs maisons. Les habitants sont d’autant plus vexés qu’ils disent n’avoir jamais été conviés aux sites visit organisées par les autorités, contrairement aux membres des Forces vives de Flic-en-Flac… « Il y a anguille sous roche, car au sein des Forces vives, il y a quelques-uns qui habitent là-bas, dans les environs, dont un célèbre restaurateur qui est l’heureux propriétaire d’un grand complexe d’appartements dans les environs. Est-ce qu’ils ont eu le dernier mot ? Akoz samem pa’nn invit nou ? Ces questions me taraudent. Où sont les arbres que les autorités avaient promis de replanter très vite pour supplanter ceux qui ont été abattus ? On attend toujours », confie un habitant de Morcellement Palmyre.

Les consultations s’enchaînent

Le projet de construction de la Motorway M4, appelée à relier Forbach à Bel Air, a fait l’objet de trois journées de consultations publiques dans l’Est du pays. Ces rencontres, organisées à l’initiative du ministre des Infrastructures nationales, Ajay Gunness, ont pour objectif de permettre aux habitants des régions concernées de prendre connaissance du projet, d’exprimer leurs préoccupations et de soumettre leurs observations et propositions. Cette démarche revêt une importance particulière puisque, depuis 2022, le projet M4 est exempté de rapport d’Environmental Impact Assessment (EIA) en vertu de la législation en vigueur.

Malgré cette exemption, le ministre Ajay Gunness a insisté pour que des consultations soient organisées directement avec les populations concernées. Les premières rencontres se sont déroulées à Caroline et Bel Air, suivies d’une consultation à Flacq. Le ministre des Infrastructures nationales avait à ses côtés le ministre de la Santé, Anil Bachoo, ainsi que les deux autres députés de la circonscription, Raviraj Beechook et Avinash Ramkalawon. La troisième et dernière consultation s’est faîte à Rivière-du-Rempart.

Au cours de ces trois journées, les échanges ont porté notamment sur les attentes des habitants, les conditions de circulation, l’impact du projet sur les communautés rurales et les planteurs, ainsi que sur les questions liées à l’environnement et à l’intégration de la future autoroute dans les régions traversées. Les autorités ont également recueilli plusieurs observations et suggestions qui pourront être prises en considération dans la préparation du projet. Le ministre Ajay Gunness a notamment réaffirmé sa volonté de voir cette infrastructure réalisée selon des standards internationaux, tout en accordant une attention particulière à la protection de l’environnement et de l’écologie.