La méthode est simple. Selon la consommation de son véhicule, rouler coûte aujourd’hui, en carburant, entre Rs 4 et Rs 6 le kilomètre: Rs 4 pour une petite voiture économe, Rs 6 pour un modèle plus gourmand. Multiplié par la distance mensuelle, cela donne la facture réelle, puis le poids sur l’année, et enfin le surcoût imposé par la hausse.
Le tableau ci-dessous se lit en trois temps : ce que l’automobiliste dépense aujourd’hui en carburant par mois, puis par an, et enfin combien il paie en plus sur l’année pour rouler autant qu’avant, par rapport au prix le plus bas de 2026 (Rs 58,45, le 3 mars).
Coûts en carburant uniquement. Chiffres arrondis, à titre indicatif. Le surcoût compare le prix actuel (Rs 77,70) au plus bas de l’année (Rs 58,45, le 3 mars 2026), à distance égale.
Prenons le cas le plus courant : 2 500 km par mois, voiture moyenne. Cet automobiliste dépense aujourd’hui Rs 12 500 d’essence par mois, soit Rs 150 000 sur l’année. Et sur ce total, environ Rs 37 000 correspondent à la seule hausse intervenue depuis mars, de l’argent déboursé non pour rouler davantage, mais pour parcourir exactement les mêmes trajets, devenus plus chers. Pour un gros rouleur au volant d’un véhicule gourmand, le surcoût grimpe jusqu’à Rs 53 000 par an.
La comparaison la plus juste reste peut-être celle-là. En 2024, l’essence était à Rs 66,20, et une baisse avait été promise. Mesuré à ce prix de campagne, le surcoût actuel s’établit, selon le profil, entre Rs 14 000 et Rs 32 000 par an, environ Rs 22 000 pour le conducteur type. Là où on lui promettait de dépenser moins pour se déplacer, il dépense chaque année des dizaines de milliers de roupies de plus.
Encore ces chiffres ne concernent-ils que l’essence. Ils ignorent l’assurance, dont les primes ont augmenté, l’entretien, le crédit auto, autant de coûts qui, cumulés, alourdissent encore le prix de posséder une voiture. Or, pour de nombreux ménages, la voiture n’est pas un luxe mais une nécessité, faute d’alternative de transport suffisante. Ce sont eux qui absorbent, plein après plein, l’essentiel de la hausse.
Voilà ce que masquent les pourcentages et les tableaux du Petroleum Pricing Committee. Derrière un « +10 % » présenté comme mesuré, il y a, pour une famille, jusqu’à Rs 53 000 par an de dépenses supplémentaires, pour un trajet qui, lui, n’a pas changé. La question n’est plus technique : combien de temps un ménage peut-il continuer d’absorber, seul, le coût d’un déplacement devenu, à distance égale, de plus en plus cher ?
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