
Mais pour Raffick Bahadoor, président de la Taxi Proprietors’ Union, la hausse des tarifs n’est pas envisagée.
Contacté, il explique que les taximen sont déjà confrontés à une baisse importante de leur clientèle.
Nouvelle hausse à la pompe, nouvelle inquiétude chez les chauffeurs de taxi. Le prix de l’essence passe de Rs 64,25 à Rs 70,65 le litre, tandis que le diesel reste à Rs 71,25 le litre. Ces nouveaux tarifs sont entrés en vigueur à minuit ce samedi 15 août, après une décision prise vendredi par le Petroleum Pricing Committee.
Une hausse qui intervient alors que les chauffeurs de taxi doivent déjà composer avec leurs dépenses quotidiennes et des tarifs qui, eux, ne suivent pas nécessairement l’augmentation de leurs coûts. Face à cette nouvelle pression sur leur activité, quelles sont leurs principales préoccupations et jusqu’où pourront-ils absorber ces hausses ?
Selon Naick Vengidasamy, président de la Federation of All Taxis Associations Around the Island, les chauffeurs font face à une accumulation de difficultés et s’interrogent sur leur capacité à continuer à exercer dans ces conditions.
John, chauffeur de taxi dans la région de Port-Louis, souligne lui aussi que les tarifs des taxis restent inchangés malgré l’augmentation des coûts liés au carburant, ce qui met davantage de pression sur les chauffeurs.
Sanan Ramgoolam, qui est basé à Port-Louis, partage la même inquiétude. Selon lui, une hausse des tarifs pourrait toutefois avoir un effet négatif sur la clientèle, certains passagers pouvant choisir de ne plus prendre le taxi.
Coup dur pour les automobilistes en général et les chauffeurs de taxi en particulier. À compter du samedi 15 août 2026, le prix du litre d’essence a subi une hausse de Rs 6,40. Sur recommandation du Petroleum Pricing Committee (PPC), la Mogas passe de Rs 64,25 à Rs 70,65 le litre. Entre des clients devenus rares, une concurrence féroce et la peur constante des agressions, le quotidien des chauffeurs de taxi est plus que sombre.
Pour Imteaz, chauffeur de taxi opérant dans la région de Curepipe et père de famille ayant six personnes à sa charge, la pilule est amère : « Sa Rs 6,40 lor lesans la pou fer nou lavi vinn difisil… » Selon lui, la hausse appliquée à la pompe contraint inévitablement les chauffeurs à revoir leurs tarifs à la hausse, au risque de faire fuir le peu de clientèle qu’il lui reste. Un trajet entre Curepipe et Port-Louis, qui se négociait auparavant entre Rs 1 200 et Rs 1 300, devra désormais franchir la barre des Rs 1 500, voire Rs 1 600. Un montant hors de portée pour le Mauricien moyen. « Klian pou plis diminye, byen rar pou gayn enn dimoun ou de ki pou pran taxi, sinon zot pou pran metro mem », déplore Imteaz.
Le taximan explique que même sur ses trajets habituels à tarif fixe, soit Rs 24 sur une distance de 3 km, maintenir les prix relève de l’impossible : « Pa pou kapav gard sa tarif la… par personn… be lafin di mwa mo pou bizin diminye seki ena dan mo kadi pou nouri mo fami ». Et d’ajouter : « Gouvernman la li pa reflesi… mwa mo pa gayn paye par patron mwa… kantite mo roule mo bizin tir mo kas lesans zour pou zour mwa », lâche-t-il avec amertume.
Parallèlement, cette profession subit de plein fouet la concurrence déloyale des « taxi maron » et l’émergence des plateformes numériques comme Uber. Une pression quotidienne qui pousse certains chauffeurs traditionnels à capituler et à repenser intégralement leur manière de travailler. N. G, un autre chauffeur de taxi avec plus de 30 ans dans le métier, ne cache plus son désarroi. Face à l’incertitude de trouver des clients quotidiennement, il concède qu’il devra probablement franchir le pas : « Mo pou bizin servi uber drive la… mo fer driver mo gayn mo kas ek mo gayn enn kliantel, mo panse mo pou rant ladan em oblize ».
Pour ce père de deux enfants qui étudient à l’étranger, la pression financière est colossale. Avec des prêts étudiants à rembourser chaque mois aux côtés de son épouse, l’erreur n’est pas permise. N. G. imagine déjà des solutions alternatives pour survivre : « Si sa kontinye, be mo prefer tini kot supermarse mo pran kours laba, ouswa mo fer enn group WhatsApp kot mo klian kav dir moi ki komisyon li bizin. Lerla mo pran li, mo fixe enn pri delivery, mo al kit li kot li. »