
Selon le communiqué de la police d’hier, des agents sont intervenus après plusieurs plaintes pour pollution sonore dans l’après-midi du dimanche 25 janvier à la plage publique de Palmar. Cependant, l’opération de contrôle a dégénéré, donnant lieu à des scènes de tension et à huit arrestations.
Alertée par des plaintes concernant de la musique diffusée à très fort volume depuis des véhicules stationnés à proximité du littoral, l’intervention, qui devait aboutir à de simples contraventions, a finalement tourné à l’affrontement. Alors que les policiers tentaient d’identifier le conducteur et de procéder aux vérifications d’usage, un groupe d’individus s’est rassemblé autour d’eux, dont certains sous l’influence de l’alcool.
La situation est rapidement devenue tendue. Des insultes ont été proférées à l’encontre des agents. Des bouteilles et divers projectiles ont été lancés en direction des policiers ainsi que de leur véhicule de service. Dans la confusion, la plaque d’immatriculation du véhicule de police a été arrachée et certains éléments endommagés. Face à une foule devenue hostile, les officiers ont été contraints de se retirer pour des raisons de sécurité, mais des criminal cases ont été rapportés par les policiers contre ces personnes.
À ce stade, huit personnes ont été arrêtées hier. Parmi elles figure un officier affecté à l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de la Western Division. Domicilié à Goodlands, il a été identifié comme l’un des conducteurs impliqués dans les faits de pollution sonore. Une contravention lui a été infligée et une enquête interne a été ouverte afin d’établir les responsabilités éventuelles sur le plan disciplinaire. Autre arrestation notable : celle du propriétaire d’un car wash basé à Camp-de-Masque, soupçonné d’avoir participé aux altercations et aux actes d’intimidation. Il a d’ailleurs partagé une photo de lui grimpant sur un véhicule de la police sur Facebook. Les enquêteurs cherchent à déterminer le rôle précis de chacun des suspects, notamment en ce qui concerne les dégradations causées au véhicule de police et les entraves à l’intervention.
Alors que la police a fermement condamné les actes de violence contre les officiers, l’affaire a suscité de vives réactions politiques. Le leader du Parti mauricien social-démocrate, Xavier-Luc Duval, s’est exprimé sur les réseaux sociaux, qualifiant la situation de «choquante», tout en estimant qu’elle n’est «pas surprenante», évoquant un manque d’équipements adéquats pour permettre à la police de se défendre et de protéger efficacement le public.
De son côté, le député Raviraj Beechook a fermement condamné les incidents. Dans une déclaration publique, il a jugé les faits «inacceptables», estimant qu’il n’est «pas possible que des personnes viennent déranger d’autres citoyens pendant leur moment de repos à la plage». Il a également dénoncé le fait que «lorsque les forces de l’ordre interviennent, certains s’en prennent à elles».
Raviraj Beechook a réclamé des sanctions sévères à l’encontre des responsables: «Ils méritent une sanction sévère et exemplaire.» Ajoutant souhaiter que les autorités appliquent «la peine maximale» afin d’envoyer un signal clair. Au-delà de l’aspect répressif, Raviraj Beechook a indiqué avoir saisi le ministère de l’Environnement, dirigé par Rajesh Bhagwan, pour proposer des mesures concrètes de prévention. Il a notamment suggéré de clôturer une partie de la plage à l’aide de barrières afin d’empêcher l’accès direct des véhicules sur le site, une configuration qui faciliterait selon lui les rassemblements motorisés à l’origine des nuisances.
La Beach Authority rappelle que selon les Environment Protection (Control of Noise) Regulations 2008 et les Environment Protection (Environmental Standards for Noise) Regulations 2022, tout bruit constituant une nuisance est prohibé et que l’utilisation d’amplificateurs sonores dans un lieu public requiert une autorisation préalable des autorités compétentes. Les contrevenants à ces dispositions s’exposent à des sanctions.
Dans le même temps, la Police Fighters Union (PFU) est montée au créneau pour condamner les agressions visant les policiers et les dommages causés au véhicule de service. Le syndicat réclame l’introduction rapide de bodycams pour les agents en intervention. Selon la PFU, ces dispositifs permettraient de documenter objectivement les opérations sur le terrain, de dissuader les comportements violents et de faciliter les enquêtes en cas de litige. Les investigations se poursuivent et d’autres interpellations ne sont pas exclues.
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