Amendes routières : Un premier pas vers la digitalisation de la justice mauricienne, mais le plus dur reste à faire

7 hours ago - 6 October 2026, ION NEWS
Amendes routières : Un premier pas vers la digitalisation de la justice mauricienne, mais le plus dur reste à faire
C’est une avancée attendue depuis des années sur le chantier de la transformation numérique de l’État. À compter du 30 octobre 2026, les automobilistes mauriciens pourront régler en ligne leurs amendes pour infractions routières ne comportant pas de points de pénalité.

Une mesure entérinée par le Conseil des ministres lors de sa séance du vendredi 2 octobre, à travers la promulgation des Road Traffic (Amendment of Schedule) (No. 3) Regulations 2026. Si l’annonce s’inscrit dans la volonté gouvernementale de moderniser les services publics, une analyse de la mesure révèle une approche prudente voire très sélectivequi soulève plusieurs questions stratégiques.

Jusqu’ici, le règlement des Fixed Penalty Notices (FPN) imposait des déplacements physiques et de longues files d’attente au greffe des tribunaux. Le basculement vers la plateforme numérique de la Cour suprême constitue donc une véritable bouffée d’air frais administrative. Le parcours utilisateur s’appuie ainsi sur les piliers technologiques et bancaires existants pour garantir une transaction instantanée :

Un parcours 100 % numérique : Les usagers devront s’authentifier via leur compte MauPass, saisir le numéro de la contravention (FPN) ainsi que le numéro d’immatriculation du véhicule, à condition que l’infraction ait été préalablement enregistrée par la Mauritius Police Force, avant d’effectuer le règlement via les applications bancaires locales (Juice, Pop via MauCAS QR Code) ou par carte bancaire.

La véritable nuance de ce projet réside toutefois dans son déploiement graduel. Dans cette première phase lancée le 30 octobre, le service se limite exclusivement aux infractions légères ne déclenchant aucun point de pénalité. Ce choix traduit une prudence technique et juridique évidente : d’une part, éviter la saturation des serveurs en testant l’interopérabilité entre la Police, la Cour suprême et le système bancaire ; d’autre part, contourner temporairement la complexité administrative du suivi du permis à points.

Le succès réel de cette réforme se mesurera ainsi à la capacité des autorités à concrétiser la deuxième phase, qui intégrera toutes les infractions avec points de pénalité ainsi que les avis émis par les 63 radars fixes de l’île. C’est précisément sur ce second volet que le service public numérique sera attendu au tournant. Si le rendez-vous du 30 octobre marque une victoire d’étape cruciale pour l’e-Government mauricien, le chantier de la dématérialisation totale du suivi routier reste grand ouvert.